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Dalie Farah -"Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'histoire"

Tes ombres sur les talons de Carole Zalberg

carole

Tes Ombres sur tes talons de Carole Zalberg

J’écris mais je lis aussi, et je lis des auteurs classiques et des contemporains ; le meilleur est de croiser une personne et de rencontrer son livre. Je vais remonter le temps de ces lectures et commencer par évoquer Carole Zalberg. Imaginez, une femme blonde, plutôt élégante, presque trop, une beauté distante ; le premier contact est souriant mais lointain, nous sommes dans le salon de la prestigieuse Société des Gens de Lettres, boiseries, parquets, Balzac, Flaubert, champagne, petits fours, et fou-rires plus tard on se croise mais on ne rencontre pas encore. Attendons Blois, salle de conférence, fauteuil rouge, siège lecture et c’est Carole qui anime la réunion, question fines, littéraires, lecture proche du texte, humour, puis restaurant, vin, plat et dessert ; quelque chose naît. Beauté franche et solaire d’une femme généreuse de tout. Une sororité impossible sur le papier et possible en littérature.

Carole est une poétesse-romancière, une de ces écrivaines un peu marginales qui poétisent leur récit et racontent leur poème. C’est ce qui a lieu dans Tes ombres sur les talons dont le titre déjà dit l’écriture métonymique et symbolique. Pour une dure à cuire du réel comme moi, cela demande toujours un petit effort, un effort de douceur et une mutation dans les repères GPS. Carole écrit la vie aussi, mais elle le fait à pas feutrés, à vers comptés. Dans une narration construite à deux voix (elle/Tu), Tes ombres sur tes talons raconte une quête qui est une fuite qui est une quête. Une jeune fille promise à un avenir prémédité se retrouve à vivre une vie improbable suite à un fait-divers tragique auquel elle a indirectement participé. Ecrit comme une fable poétique, le texte fait le portrait d’une âme malléable aux prises avec un désamour de soi qui la défait de tout sens moral. La narration à la seconde personne qui vient parfois dédoubler celle à la troisième est la plus touchante comme dans Feu pour Feu que j’avais aussi aimé.

C’est aussi un roman qui dit l’amour, la quête de l’amour, celui qui donne une image favorable de soi et qui peut mener au pire, celui qui accompagne mais mange le corps et enfin, celui qui offre l’issue favorable à être. L’écriture alterne entre un style fluide, presque transparent et des rencontres poétiques avec des phrases incrustées comme des petites pierres. Ma préférée : « Elle gisait sur le lit étroit avec le désir coincé sous la peau.

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