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Dalie Farah -"Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'histoire"

Perdre ses pas et retrouver l’humanité….facile.

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Les pas perdus est une pièce qui avait sa place dans cette chapelle des Cordeliers dont les voûtes laissaient résonner les pas et les voix de ces comédiens amateurs qui n’avaient pas grand-chose à envier à certains professionnels.

La troupe est menée par Claudine Cros qui a eu l’art de laisser les comédiens toucher à la vérité d’être dans des rôles d’hommes et de femmes de passage dans une gare.

Les bruitages nous placent sur les quais de la SNCF, non loin de chez nous.

Car ces pas perdus font craquer le parquet, et donnent sens à ce temps que l’on croit perdre sur un quai.

Ces quais où l’on quitte un homme qu’on aime pour prendre un train pour Bruges, ces quais où des amoureuses se promettent l’infini quand leur vie ne tient qu’à un fil, ces quais où le silence des hommes est couvert par le bruit des trains, ces quais où deux hommes retracent une enfance malheureuse avec l’humour des désespérés qui ont pleuré toutes leurs larmes, ces quais où une femme comme une ombre raconte la mort d’une amie, une amie à qui elle aurait voulu offrir un solitaire, si bien taillé… ces quais nous semblent à portée de main et même à portée de cœur c’est sûr.

Le jeu des comédiens et la mise en scène épurée, simple bouleversent et étonnent par leur justesse :  une jeune femme hurle son hymne à la vie alors que la mort la guette depuis l’angle du quai, d’autres refluent  ces moments de violence où la haine et la colère se crachent comme les noyaux de cerises une après-midi d’été.

Pourtant c’est l’hiver sur les quais de cette gare qui n’existe pas.

Le froid est, en fait, perceptible entre cette femme qui retient une fille espiègle, têtue, qui joue et ne comprend pas ce qu’est la nature ; elle s’inquiète des loups, des nuages et du vent, mais ne se méfie peut-être pas assez des hommes.

Et puis il y a ce couple, ce couple incroyable qui nettoie inlassablement les quais, en bleu de travail, les deux femmes se racontent leur vie, leurs amours. L’une qui a « tellement aimé les hommes » les compare à des pyramides, car comme elles, les hommes changent selon la lumière et demeurent pourtant les mêmes…l’autre s’interroge sur son amour pour les enfants, sur son obligation à épouser des hommes sérieux, elle qui est si sérieuse depuis toujours va peut-être changer d’air. Pourquoi pas Venise ? Elle a tout prévu, surtout cet appareil aux fonctions presque magiques…

Une belle soirée à Clermont-Ferrand en faveur de l’Unicef, dont les représentants ont apprécié la généreuse participation de la troupe de théâtre, les « têtes de gondoles ».

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