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Plumes d'ailes
&
Mauvaises graines
Paroles, voix et cultures citoyennes

La pudeur de la haine me touche et me brise.

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Quand on mise tout sur les symboles, c’est qu’on a perdu le bon sens.

Plus de drapeau ? Plus de laïcité ? Moins de religion ? Plus de Politique ? Moins de latin ? Plus de fermeté ? Moins de Violence ? Moins d’allemand ? Plus de bougies ? Moins de Like ? Plus de haine ? Moins d’injustice ? Plus de sécurité ?

Comment doser la démocratie incluse dans une mondialisation qui brasse royauté, dictature, états autoritaires et trouver une forme de consensus qui évite une accélération du chaos social, politique et religieux ?

Comment œuvrer pour la paix en faisant la guerre ? Comment plaider pour la tolérance en excluant ?

Prise dans des paradoxes sans explications, la société française s’émeut, se perd, balbutie, titube, pleure, rie, résiste, a peur et finalement se soumet.

Elle se soumet à l’angoisse de la perte, à l’angoisse de l’abandon, à l’idée de son éventuelle disparition. L’occident a vu des mondes, des espèces, des cultures disparaître sous le joug de la sienne.  Serait-il possible, que la suprématie économique de la récente histoire du XXème siècle ne soit pas éternelle ?

La société française rêve de Charles Martel, de Sacre à Reims, de colonisation sans indépendance.  De domination sans rébellion. D’identité sans nuance. De fierté sans honte. Comment le lui reprocher ? Comment ne pas vouloir la consoler ?

Ma France, que j’aime, je te comprends. Tu sais, j’ai passé ma vie à me chercher dans ton histoire, et je ne m’y suis pas trouvée, j’ai passé ma vie à chercher un sens à mon histoire et je n’ai pas réussi.  Alors, je te comprends.

En observant la lente et lourde histoire, en observant le présent effréné et volage, je comprends que tu cherches une forme nouvelle de stabilité. Et comme la haine est à la mode,  tu veux être tendance, ma France, toi qui a toujours été à la pointe de tout durant des décennies.

Ta haine tu veux l’habiller de valeurs républicaines. Parce que tout de même, la haine toute nue, ça ne se fait pas. La pudeur de ta haine me touche et me brise.

Mais juste une chose, la haine ne rend ni fort, ni puissant, même si elle est partagée. La haine fait mal, et elle fait peur. La haine détruit, mais ne construit pas.

Tu m’as si mal aimée que je ne serais pas dépaysée, mais je me demande juste comment je vais pouvoir te servir, moi qui n’aime de la vie que l’amour et la paix.

Dalie Chrifi Alaoui

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