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Harry Potter fait du latin ! Amélie Pontailler et ses élèves de sixième en profitent.

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Le roman Harry Potter à l’école des sorciers est un excellent moyen de faire entrer les élèves dans de nombreuses entrées du programme : aventure, monstre, et même récit de création puisque l’auteure, JK Rowling, y invente un monde nouveau à l’instar de nombre de ses prédécesseurs – Lewis Caroll, Lyman Frank Baum, JRR Tolkien,… Pourtant, ce livre n’est pas toujours choisi comme lecture analytique par les enseignants, qui préfèrent le réserver à une lecture cursive, considérant que les élèves ont, pour la plupart, déjà vu le film à défaut d’avoir lu le livre, ou que cette lecture est trop peu riche et peu digne qu’on s’y attarde.

C’est bien dommage.

D’une part, parce que, finalement, tous les élèves sont loin de connaître l’oeuvre, même via l’adaptation cinématographique, et que, quand ils la découvrent, l’enthousiasme est général. Or, il est bien évident que pour parvenir à impliquer les élèves dans une étude d’oeuvre, il est préférable qu’ils manifestent un tant soit peu de joie à l’idée de l’étudier… avec ce roman, le pari est gagné. Ils aiment. Non, ils « adorent ».

D’autre part, parce que le livre regorge d’atouts narratifs. En effet, la construction narrative et actantielle est tellement explicitement celle du conte merveilleux que son étude représente le jalon idéal entre les lectures préalables des élèves en CM, et leurs lectures futures en 5ème (« Imaginer des univers nouveaux »). Mon approche en classe a donc principalement été celle de l’analyse de la construction narrative et du rôle des personnages, permettant ainsi aux élèves d’appréhender comment l’auteure travaille en amont de l’acte d’écriture (et donc l’importance du brouillon et de la préparation) ; de comprendre quels sont les ingrédients essentiels à un récit d’aventure (les différents rebondissements, les lieux et l’atmosphère qui s’en dégage, la confrontation avec un opposant terrifiant, les adjuvants) ; et enfin de souligner les qualités des héros ainsi que les valeurs qu’ils portent (ici l’amitié, l’entraide, la sagacité, le courage, la loyauté). A chaque étape de cette étude les élèves devaient à leur tour réaliser un exercice d’écriture dans lequel ils avaient à construire leur propre projet de livre, l’objectif final étant la production de ce conte personnel sous forme de livret, avec première et quatrième de couverture et la participation de la collègue d’Arts Plastiques pour l’illustration.

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Mais ce n’est pas seulement sous cet angle que l’étude d’Harry Potter à l’école des sorciers est intéressante : ce roman est également une excellente introduction à l’étude de l’Antiquité.

JK Rowling utilise de nombreuses références issues de la culture gréco-romaine, qu’il s’agisse des prénoms de ses personnages (Minerva, Argus, Albus, Severus, Rubeus, Hermione,…), des créatures hybrides et monstrueuses qui apparaissent dans le roman (dragon, centaure, Cerbère,…), ou bien sûr du latin (parfois un peu fantaisiste) qui constitue la base étymologique des noms de sortilèges employés par nos héros (« oculus reparo », « lacarnum inflamare »,…). L’activité présentée ici est donc le fruit d’un désir d’initier les élèves à cette culture antique qu’ils retrouveront lors de l’étude de L’Odyssée – et dont, par ailleurs, ils sont friands -, et à la langue latine qu’ils auront, si on les y amène, l’envie d’explorer plus avant en choisissant l’option dès la 5ème. Certifiée en Lettres Modernes, et non en Lettres Classiques, j’ai toutefois bénéficié de plusieurs années d’enseignement du latin et du grec et je ne saurais dire à quel point l’étude des langues anciennes m’a été profitable. Avec cette activité, ludique mais, il me semble, exigeante, je souhaite emmener mes élèves sur les voies romaines – et c’est Harry Potter qui est le vecteur de ce cheminement. Comme quoi, il est largement possible de produire un travail exigeant et culturellement fécond en s’appuyant sur une oeuvre jeunesse… Si tous les chemins ne mènent peut-être pas à Rome, JK Rowling, elle, a bâti une autoroute pour y entraîner les jeunes esprits collégiens. Merci à elle.

Et merci à Emmanuelle Lachaume dont le latin on ne peut plus agile est venu au secours de mon latin on ne peut plus rouillé.

Amélie Pontailler

Cliquez sur l’image ci-dessous pour télécharger le document pour aider vos élèves à aborder l’étymologie, à créer des sortilèges, à comprendre l’intérêt et le rôle du latin. Tout cela en un clic, c’est cela la magie de l’enseignement…

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Quelques sorts :

OCULUS REPARO : 

Du latin oculus = œil et reparare qui fait reparo à la 1ère personne du singulier = réparer, ce sortilège est utilisé par Hermione la première fois qu’elle rencontre Harry, pour réparer ses lunettes.

WINGARDIUM LEVIOSA : 

De l’anglais wing = aile, du latin arduus = haut, et levare = élever, soulever, ou levis = léger, ce sortilège est utilisé par Ron pour combattre le troll qui menace Hermione et Harry et l’assommer avec son propre gourdin.

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