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Dalie Farah et d'autres plumes d'ailes et mauvaises graines

Feu pour feu ; Cantique des cantiques d’un père à sa fille

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Feu pour feu ; Cantique des cantiques d’un père à sa fille

Ma critique n’est pas impartiale, mais aucune de mes critiques ne le sont. On écrit depuis soi.

J’ai rencontré Carole à la SGDL, qui m’a remis un prix et sa dotation qui a soutenu mon travail. Je ne fais que la croiser. Blonde, racée, élancée, je ne cherche pas à la rencontrer ; je me sens suffisamment étrangère en ce lieu pour ne pas me retrouver face à mon antithèse.unnamed (1)

C’est lors d’un autre moment littéraire que je la rencontre vraiment : à Blois.

Derrière l’apparente aristocrate des Lettres, il y a une femme vulnérable, fine, puissamment littéraire et intelligente. C’est elle qui s’occupe de la rencontre.

Je veux la lire ; elle a pris soin de me lire avec beaucoup de tendresse.

Elle me conseille Feu pour feu. 72 pages incantatoires qui se dévorent en un rien. C’est un livre qu’on relit.

Ce qui m’a particulièrement touchée, c’est la voix du père, la voix de l’homme de l’exil, celui qui fuit la tragédie principielle pour espérer un avenir, un avenir où sa fille qu’il porte contre lui pourra espérer les meilleurs auspices.

La course du père, sa voix sont absolument magnifiques ; on ne peut en attendre moins d’une écrivaine qui est aussi poétesse.

L’écriture cisèle la vérité de la fuite sans héroïser les victimes qui se confondent avec les bourreaux ; la survie n’a pas le temps de la triche. Sa fille Adama est « une machine à vivre ». On ne peut dire mieux pour écrire la survie. Quinze ans après la fuite, elle a allumé un feu elle aussi dans la cité, dans la banlieue où ils ont fini par échouer. Quel est ce feu ? Il faudra attendre la dernière page de l’incantation pour savoir.

La force de cette parole paternelle galope sa vie et celle de sa fille, les mots qu’il énonce en flux sont un bonheur à lire.

Lisez-le !

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