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Dalie Farah et d'autres plumes d'ailes et mauvaises graines

D’autres vies que la mienne – d’Emmanuel Carrère

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J’avais déjà lu Le Royaume Carrère, j’en avais aimé l’esprit d’enquête, l’authenticité, l’écriture efficace dont le style suit le mouvement sagace d’une pensée à l’affût.

Toujours en errance estivale de retour sur ma terre auvergnate, j’écoute D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère lu par Éric Caravaca. Le récit à la première personne se présente comme la narration de plusieurs vies côtoyées par l’auteur. Le point commun de ces vies est leur proximité avec les frontières de la vie et de la mort et ce, depuis leurs vies minuscules.

Tsunami, cancer, misère sociale, solitude, les vies se suivent pour raconter leur attachement à la vie mais aussi leur incompréhension face au malheur.

Cela commence au Sri Lanka lors du tsunami de 2004, le narrateur évoque la vie d’un couple qui perd leur fille, puis de Juliette la belle-soeur du narrateur atteinte d’un cancer et enfin d’Etienne, un juge, l’ami de Juliette. J’ai aimé comment le regard narratif se place tout contre la peau de ses personnages sans se rendre invasif, il déplie leur vie sans les juger. Même si je n’ai pas été convaincue par les « théories » amoureuses, j’ai été fascinée  par la force des passages où le juge Etienne raconte comment les organismes de crédit écrasent les petits pour le bénéfice des mastodontes.

D’autres vies que la mienne, c’est le projet littéraire apparent d’écrire sur les autres mais il m’apparaît avec une certaine joie que la voix de l’écrivain est toujours dissimulé dans les vies qui ne sont pas les siennes, non pour les commenter ou pour leur donner un mouvement narcissique, mais simplement pour écrire la vie comme elle est.

Description

« À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari. Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ? C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai. »
©2009 Editions P.O.L. (P)2010 Éditions Gallimard
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