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Courez voir la dispute de Marivaux à l’espace Mandela !

spectacle

Hier soir à la générale de La dispute de Marivaux interprétée par la petite troupe de l’Atelier théâtre du collège La Charme, j’ai vu l’amour.

Moi la bavarde, l’incurable pie, je me suis tue devant cette beauté fragile et touchante qu’est la naissance de l’amour.

Ce sont des collégiens de quatrième qui me l’ont fait ressentir.

Dans un décor nu, habillé par des créations lumières symboliques et toute en simplicité, ils ont rejoué la naissance de l’amour. La question posée est simple, mais vertigineuse : qui est responsable de la première infidélité, de la première inconstance de l’amour ? L’homme ou la femme.

Un prince et Hermione, interprétés par deux magnifiques jeunes gens à la noblesse impressionnante se posent la question. En observateurs discrets ils assistent à une expérience : des hommes et femmes ayant vécu sans contact avec l’autre sexe vont se croiser pour la première fois.

Dans cette féérie où les dialogues évoquent la folie narcissique de l’amour, le désir, le regard de l’autre, Maja qui interprète Eglé évolue comme si sa vie avait toujours été un théâtre. Elle est parfaitement marivaldienne : légère, gracieuse, drôle. Elle donne corps à une Eglé amoureuse de l’amour. Son aimé, Azor, interprété par Zendrim, est si touchant dans cet élan confiant et certain qu’est le premier amour. Leur duo est bouleversant de fraîcheur et de vérité.

Le second couple, Adin, interprété par Jihad et Mesrin, interprété par Klevers, nous amène dans une passion plus violente, plus désirante, joyeuse. Leur couple enporte par sa vivacité la seconde partie de la dispute et crée le trouble. Car la beauté des uns plaît aux autres…

Les deux premiers amoureux tout de blanc vêtus vont trouver un autre amour. L’infidélité est donc féminine et masculine ?

La réponse se trouvera dans l’arrivée solaire de Meslis et Dina interprétés par Aurélien et Eva. Je ne vous dis rien : allez voir la pièce ce soir ou demain !

De ce ballet amoureux on retiendra aussi la présence candide et puissante de ces jeunes comédiens, Dounia en servante empressée, généreuse de son attention tient les êtres entre eux, Rashid immense et bienveillant qui veille aussi.

Ne soyez pas surpris aussi par cet elfe merveilleux interprété par Noa : légère, malicieuse, elle nous conte l’histoire et nous plongeons avec plaisir dans cette illusion. Celle du théâtre, mais aussi peut-être, celle de l’amour marivaldien.

Dans cette pièce on saluera le travail exceptionnel de ces jeunes comédiens sur un texte difficile, quasi philosophique sur ce qu’est l’amour car ils ont rendu simple et si véritable la pièce de Marivaux. Leur jeunesse de jeu et d’apparence n’empêchent pas la profondeur des sentiments et du questionnement. Le défi est immense, Monique Beaujard ne ressemble qu’à elle-même, je ne connais personne qui oserait monter en entier une pièce de Marivaux sans mégoter avec des élèves de quatrième. Stéphane Malterre, l’enseignant de la classe accompagne très discrètement ce travail.

Je les remercie de ce rendez-vous annuel car les parenthèses d’amour et de théâtre sont souvent rares.

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