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Dalie Farah et d'autres plumes d'ailes et mauvaises graines

7joursàclermont : Entretien avec Olivier Perrot  » J’ai un rapport vital à l’écriture, les livres sortent de mon ventre. Ecrire me permet de respirer, c’est un espace des possibles que la vie a refusé »2.07.2019

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Photo Olivier Perrot

Dalie Farah, de l’ombre à la lumière

Il y a 12 heures
4 Minute(s)

« Impasse Verlaine » récemment publié par la prestigieuse maison d’édition Grasset a révélé tout le talent d’écriture de Dalie Farah. Enfin dans la lumière, l’auteure profite du plaisir de pouvoir partager son travail avec des lecteurs.

« Avec toutes les lettres de refus que j’ai reçues, j’ai de quoi tapisser une pièce entière ». L’image est forte et témoigne de la longue période traversée par Dalie Farah avant de pouvoir admirer un livre portant son nom sur les tables des librairies. Professeure agrégée, enseignant la philosophie et le français à Thiers, elle passe une bonne partie de son temps à écrire parce que c’est « une manière d’être joyeuse dans la vie ». Dès 2005, elle a commencé à envoyer des manuscrits aux maisons d’édition. Onze romans ont précédé Impasse Verlaine, deux autres lui ont succédé. Dans le meilleur des cas, des lettres d’encouragement remplaçaient les lettres de refus, mettant un peu de baume au cœur et revigorant une motivation sans faille. A défaut de contrat, c’est sur le blog Plumes d’ailes et Mauvaises graines que Dalie Farah a pu commencer à partager ses écrits. Mais rien ne remplace le format long d’un livre qui offre la possibilité de « faire des choses que je ne ferais pas dans la vie ». Alors faute d’engagement, elle a envisagé une parution à compte d’auteur et puis la réponse de Grasset est tombée…

« J’étais comme à Disneyland »

La publication d’Impasse Verlaine chez Grasset ne change pas grand-chose dans la vie de Dalie Farah. « Je continue à rester dans mon coin » dit-elle, précisant cependant que cette pseudo notoriété lui apporte un regain de tendresse. Elle profite de moments riches en émotion, forts de contacts et témoignages de personnes, lectrices ou non, qui viennent lui parler de la vie des quartiers nord de Clermont, de leurs expériences personnelles, des idées qu’elle exprime à travers son ouvrage. « J’ai la chance de pouvoir faire cela actuellement et cela me plait d’être enfin lue. Un monsieur emprisonné a dévoré mon roman alors qu’il ne lit jamais… Je suis un peu comme un artisan qui travaille depuis longtemps et qui vient tout juste de poser sa plaque sur sa devanture ».
Mais être éditée chez Grasset c’est aussi devoir respecter quelques figures imposées comme présenter son livre devant une cohorte de représentants, un exercice glaçant durant lequel on peut perdre ses moyens, ou la traditionnelle séance de signatures des services de presse. « J’en ai signé 212. C’était très amusant, un peu comme si j’étais à Disneyland. J’ai dédicacé des livres pour des peoples et des gens médiatisés que je n’ai jamais rencontrés ».

Avec l’écriture tout est possible

Impasse Verlaine roman, dans lequel on devine une part d’autobiographie, met en évidence, dès les premières pages, la qualité d’écriture de Dalie Farah. Vocabulaire riche, rythme des phrases et des chapitres, humour et dérision caractérisent un style peu commun que l’on retrouve déjà dans ses écrits antérieurs. Certains lecteurs ont lu l’ouvrage d’une seule traite, happés par l’histoire de la fille de Vendredi, d’autres ont préféré le lire doucement, très doucement, pour reculer l’échéance de la dernière page. Au-delà de ce style, le livre pose la question de l’émancipation et la reconstruction. « J’ai un rapport vital à l’écriture, les livres sortent de mon ventre. Ecrire me permet de respirer, c’est un espace des possibles que la vie a refusé« . Ici la lecture offre un échappatoire à la violence d’une mère qui reproduit le schéma appliqué par sa propre mère. Interrogée sur ce sujet l’auteure répond sans détour « La violence est dans toute mon oeuvre car c’est une nécessité. Il faut arrêter de subir le fatalisme et essayer de comprendre, c’est cela faire du social... ». Malgré tout, Dalie Farah, conserve au quotidien une attitude contemplative et solitaire. A l’image de la petite fille espiègle de la couverture de son roman, elle souhaite garder l’émerveillement de l’enfance, rêver pour vivre et « aller vers la vie« .

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